A l'instar de nombruex pamphlétaires, Scarron, le mari de Françoise d'Aubigné, y allait de sa pume pour éreinter le cardinal (le plus fameux brigand du royaume) à travers de violentes "mazarinades": Bougre bougrant, bougre bougré, et bougre au suprême degré, Bougre sodomisant l'Etat, et bougre au plus haut carat, bougre a chevres et bougres a garçons, Bougre de ttes les façons...Au XVIIe siecle, le mot bougre était excessivement péjoratif on l'employait déja au Moyen Age pour désigner les homosexuels...
Dans le fameu salon tenu par Scarron se presse tout ce que Paris compte comme gens d'esprit. Sa jeune épouse, Françoise d'Aubigné, qui sort tout juste du couvent, est impressionée de voir autant de gens brillants...Ce jour la, elle fait la connaissance de Ninon de Lenclos, qui deviendra l'une de ses plus cheres et plus fideles amies.Agacée par les quolibets et les moqueries que distillent les précieuses, Ninon et Scarron, elle n'y tient plus et lache timidement "La beauté n'est pas toujours celle de l'apparence"...De l'entendre ainsi s'exprimer, chacun demeure bouche bée. Scarron réagit le premier en lui adressant force compliments. Puis, profitant de la présence en son salon de mademoiselle de Lisieux, une jeune femme se targuant de lire l'avenir dans les lignes de la main, il lui demande ce qu'elle peut voir dans celles de Françoise. Et la prédiction fuse, suscitant l'ironie de l'entourage: "Elle sera l'épouse d'un Roi!.."
"J'ai vu le jour à l'ombre des barreaux, fille d'assassin je suis née condamnée, les fées m'avaient tournées le dos, là d'où je viens je n'ai rien à garder, j'ai vu le jour incrustée sur ma peau je ne suis plus qu'un nom à effacer...Alors d'accord qu'une danse emporte ma vie et je suivrais la danse et qu'importe ce qu'ils en pensent, alors d'accord qu'une danse m'attache a lui et je suivrais ses peines malgré ce que l'on dira...Je prends l'automne contre mon printemps, la différence nous permet d'exister, j'oublie l'amour en nom d'un sentiment, puisqu'il faut bien se résoudre à rêver...refrain...alors je serais à lui...alors...je serais à toi..."
En 1652, l'année meme ou Louis XIV fait son retour triomphal a Paris, Françoise d'Aubigné, jeune aristocrate sans le sou, accepte, pour fuir le couvent d'épouser Paul Scarron, écrivain pamphlétaire. Tant pis s'il est montrueusement déformé par la maladie, s'il a deja 42 ans alors qu'elle n'en a pas 17...Elle n'oublie pas d'où elle vient, et que son père était un fieffé chenapan. Consciente de leurs différences, elle fera tout de meme ce qui est en son pouvoir pour se montrer une bonne épouse, elle profitera des gens qui fréquentent son salon pour nouer des relations: celles ci s'avereront importantes par la suite...